Nature végétale

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Déjà, dans la lumière frêle du matin, presque vacillante encore, il y a sa palette. Elle est au cœur de l’atelier et le sien aussi, la matière et l’essence. Frédéric Faye travaille en mélangeant les pâtes, les poudres et les pigments. Comme en cuisine, il assaisonne. Assis près de la baie vitrée, il réveille ses tons au gré de ses humeurs. Il brunit les rouges, peaufine ses verts, révèle des ocres. C’est un chercheur de couleurs. Jusqu’à ce que sa palette respire enfin. Alors, ses sujets sont multiples. Si souvent son jardin se couche volontiers puisqu’il n’est que prétexte. Il croque, il trace d’abord, puis sous influence il frappe sa toile. Il s’exprime avec ses couleurs, il les pose, les superpose, les oppose quand c’est la tache qui se concentre à la tâche, d’où se détache le repentir du jardin devenu. Des jaunes citron frais aux noirs velours, des bleus d’encre aux blancs soyeux, ensemble reconsidérant l’espace en masses colorées. Et Frédéric Faye recommence, il transforme. Toujours, il refait, il déplace, il recouvre. Pouvoir et pourvoir ainsi à l’infini.

Olivier Autissier