Expo Bër 2013

« Eléments de nature » par Zoé Gosset.

Frédéric Faye travaille par thème, sans qu’il y ait dans sa démarche préciosité ou anecdotisme. Comprendre intimement son sujet et trouver la forme qui saura lui rendre hommage sont les deux facettes d’une même quête.

Aujourd’hui, Frédéric Faye peint des vaches et des cochons. C’est dans la petite ferme située tout près de chez lui, dans le Cotentin, qu’il a trouvé ses modèles, élevés avec soin, en petit nombre.
Observateur patient, il a saisi dans ses carnets chacun de leurs mouvements et de leurs postures.
Sur la toile se sont pressées les vaches en troupeau. Pour elles, le peintre explore une palette dense et resserrée de noirs, gris, blancs, tissant dans la peinture de multiples chemins, sur lesquels il promène inlassablement son regard : il corrige les derniers escarpements, jusqu’à ce que les couleurs et les traits « chantent ».
Devenu visiteur familier de la ferme, Frédéric Faye s’est penché sur l’enclos des porcs de Bayeux avec une curiosité et une attention infinies. Il a rendu leurs roses et leurs gris, la longueur de leurs corps et la largeur de leurs oreilles, l’équilibre de leur communauté.
Il émane de ces représentations une grâce que l’on n’aurait pas supposée. La naïveté d’une vie animale tranquille, mais aussi ce qui la rapproche d’une vie humaine : une vache couchée parmi ses congénères évoque la Nativité, deux cochons reposant côte à côte la tendresse d’un couple endormi. « Ils respirent comme nous » remarque Frédéric.
Cette proximité vécue entre le peintre et ses modèles, Frédéric Faye nous l’offre dans des grands formats dont le point de vue serré nous invite au sein-même de la communauté animale.

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La nature, qu’elle soit bête ou plante, a toujours été un sujet de prédilection pour le peintre. Mais aujourd’hui elle gagne peu à peu tous les tableaux, révélant des correspondances fertiles : une tête de poisson sanglante fleurit à l’unisson de deux énormes pavots blancs ; les baignoires, transposées dans les forêts, deviennent baignades ; des corolles de fleurs roulent bientôt auprès des torses masculins. La perméabilité des éléments réunis les fait soudain vivre et vibrer de concert. La figure humaine, sculptée dans la verdure, devient mythe – Faune, Homme des origines, Enfant Sauvage – disent la vérité de notre appartenance à la nature dans une langue muette et solennelle.

Forte d’une sagesse nouvelle, la peinture de Frédéric Faye n’a jamais connu un si grand apaisement, ni une telle liberté. Elle ouvre un dialogue infini entre les éléments. Le spectateur quitte la frontalité, pour plonger avec jouissance dans le mouvement proposé.

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